Il y a des rencontres qui commencent par une blague.
Je suis tombée sur Le Divan Juif de Michel Deroover presque par hasard. Une histoire. Puis une autre. J’ai ri. Et très vite, j’ai compris qu’il se passait là quelque chose de plus intéressant que le simple plaisir d’une bonne chute.
Michel Deroover est psychiatre et psychanalyste. Son Divan Juif part d’une conviction que nous faisons volontiers nôtre chez HaBayta : l’humour juif, lorsqu’on le prend au sérieux, en dit parfois davantage sur les êtres qu’un long discours savant.
Car le vitz n’est jamais tout à fait une blague comme une autre.
On y parle de Dieu et de l’argent, des mères et des fils, des rabbins, de Freud, du voisin, de la peur, du mariage, de l’exil, de la catastrophe et de cette étrange obstination à continuer de vivre malgré tout. On rit de soi avant que d’autres ne s’en chargent. On retourne la douleur. On déplace l’angoisse. Et quelquefois, dans une phrase apparemment légère, apparaît quelque chose d’une vérité humaine.
C’est pourquoi nous avons proposé à Michel Deroover d’ouvrir sa maison dans la nôtre.
Il a accepté, avec un souhait très précis qui nous a immédiatement plu : commencer par Siegi Hirsch, l’homme, le Juif, le thérapeute auquel il dit devoir beaucoup, et raconter notamment la place qu’occupait l’humour juif dans sa pratique.
Ainsi naît VITZ.
Nous publierons ici, au fil du temps, des textes du Divan Juif, dans leur intégralité, accompagnés des commentaires de Michel Deroover. Parce que ce sont précisément ces quelques lignes après le rire qui font du Divan autre chose qu’un recueil de bonnes histoires : une petite anthropologie juive, tendre, parfois cruelle, souvent désopilante.
Chez HaBayta, nous avons toujours pensé qu’une maison devait avoir plusieurs pièces.
Il fallait évidemment qu’il y en ait une où l’on puisse rire.
Sarah Cattan



