Dans l’Anvers de l’après-guerre, le père de Jacques Frojmovics lisait le journal socialiste flamand Volksgazet. C’était le temps où la gauche européenne regardait avec admiration les kibboutzim et les pionniers d’Israël. Aujourd’hui, d’autres familles politiques courtisent l’électorat juif. Jacques observe ce déplacement avec une inquiétude nourrie par l’Histoire : les alliances changent, mais les Juifs demeurent trop souvent l’objet des passions politiques des autres.
Volksgazet.
C’est le quotidien
Que lisait mon papa
Dans les années d’après-guerre.
L’organe du parti Socialiste flamand
Était alors le journal préféré
De bien de Juifs anversois.
Les partis frères de gauche, en Israël et en Flandre,
Vivaient leur lune de miel.
Israël,
Ses kibboutzim, ses pionniers, faisaient rêver.
La Histadrout,
Ce syndicat qui non seulement défendait,
Comme il se doit, le prolétariat sioniste,
Mais était aussi l’un des plus grands employeurs du pays,
Au travers des entreprises qu’elle possédait.
Étaient citées ici, en exemple.
Aujourd’hui,
Ce sont les partis de la droite nationaliste flamande
Qui cajolent l’électeur juif.
Certains de leurs élus se drapent
Dans le drapeau
bleu et blanc, Magen David,
Pour montrer patte blanche.
Ces « Volks », de gauche
Ces « Völkischer », fascistes
Ces soit disant
“populaires”
C’est du pareil au même
Quand il s’agit de nous
Cajoler ou de nous pourchasser
Le pendule de l’Histoire
Passe régulièrement d’un côté à l’autre.
Nous sommes le cadran de l’horloge.
Immuable.
Tempus fugit.
Résistons !


