Il fut de ceux dont le nom circule moins que les artistes qu’ils ont révélés, mais sans lesquels une vie musicale ne serait pas tout à fait la même. Yves Petit de Voize vient de disparaître. Avec lui s’en va un passeur rare, un homme de goût, de fidélité et de transmission.
Royaumont, la Fondation Maeght, l’Académie des Arcs, le Festival de Montreux-Vevey, Diapason, la Fondation Singer-Polignac, Pont-Croix, et bien sûr le Festival de Pâques de Deauville.
Une vie entière consacrée à la musique.
Pas seulement à la programmer: à la faire advenir.
Yves Petit de Voize avait ce talent singulier : reconnaître, réunir, accompagner, donner du temps et de l’espace à ceux qui allaient devenir de grands interprètes. Il appartenait à cette espèce précieuse d’hommes de l’ombre dont le travail consiste à mettre les autres dans la lumière.
Plusieurs générations de musiciens lui doivent des rencontres décisives. Plusieurs générations de mélomanes lui doivent des soirées qui ne s’oublient pas.
À Deauville, son empreinte restera partout : dans une certaine idée de la musique de chambre, dans l’attention portée aux jeunes artistes, dans cette exigence sans raideur qui faisait préférer la justesse au prestige.
Renaud Capuçon lui écrit aujourd’hui :
« Merci Yves pour tant d’années de musique et d’amitié. »
Il y a dans ces quelques mots tout ce qui compte: l’amitié. La musique. Et le temps donné aux autres.
Yves Petit de Voize aura passé sa vie à faire entendre les musiciens.
Il faut aujourd’hui, simplement, faire entendre son nom.
La Rédaction d’HaBayta
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