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Bonjour de HaBayta,
Le 7-Octobre est passé. Son anniversaire aussi. Mais nous ne sommes pas revenus au 6.
Depuis trois ans, quelque chose s’est déplacé dans la manière dont beaucoup de Juifs se regardent eux-mêmes, regardent Israël et répondent au regard du monde.
Une fatigue ancienne s’est transformée, chez beaucoup, en refus.
Refus d’avoir sans cesse à comparaître. Refus de demander pardon d’exister. Refus aussi de confondre l’examen critique — nécessaire — avec le consentement à l’effacement.
Ce refus n’est ni uniforme ni triomphal. Georges Bensoussan le dit depuis l’inquiétude. Thomas Stern depuis l’intime. Johann Habib interroge le tribunal auquel nous acceptons de nous soumettre. Fundji Benedict parle depuis la mémoire que l’on ne laissera pas confisquer. Et Jacques Frojmovics, avec Ciel étoilé, déplace encore le regard.
Ce matin, HaBayta regarde donc moins le 7-Octobre que ce qu’il a changé — et ce qui, peut-être, ne redeviendra plus comme avant.
Bonne lecture. Shabbat shalom — et bienvenue à la maison.
1. Georges Bensoussan — Le sionisme à l’épreuve du 7-Octobre
Trois ans après, Georges Bensoussan revient à la promesse fondamentale du sionisme : redevenir sujet de son histoire sans prétendre abolir la vulnérabilité. Il parle de souveraineté, de désaliénation, des fractures de la société israélienne et de son inquiétude pour l’avenir de l’État. Un entretien au long cours, sans faux apaisement.
Georges Bensoussan : Le sionisme à l’épreuve du 7 -Octobre
À la veille du troisième anniversaire du 7-Octobre, Sarah Cattan reçoit Georges Bensoussan pour HaBayta. De l’« échec salvateur » qu’il voit dans le 7-Octobre aux fractures qui traversent aujourd’hui la société israélienne, l’historien revient sur la promesse du sionisme, la souveraineté et la vulnérabilité juives, l’accusation de colonialisme, la résur…
2. Thomas Stern — « Si quelqu’un vient pour te tuer… »
Il est des textes que l’on ne résume pas tout à fait. Thomas Stern écrit depuis un lieu très intime, là où se rencontrent mémoire, transmission, peur et nécessité de se défendre. Après le 7-Octobre, certaines phrases anciennes ne se lisent plus exactement comme avant.
« Si quelqu’un vient pour te tuer, lève-toi tôt et tue-le le premier » ( Traité Sanhédrin 72 a ) — Thomas Stern
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3. Johann habib — Le monde n’est pas notre Beth Din
Qui fixe la norme du jugement ? Et à quel moment le regard du monde devient-il le tribunal devant lequel Israël et les Juifs se sentent sommés de comparaître ? Johann Habib repart de la tradition juive, de Kippour et de l’exigence de vérité pour déplacer la question.
Le monde n’est pas notre Beth Din. Par Johann Habib
À l’heure où chacun semble sommé de juger Israël à l’aune du regard du monde, Johann Habib retourne la question : qui fixe la norme du jugement ? De la tradition talmudique à Kippour, il interroge notre rapport à la faute, à la vérité, à la solidarité et au tribunal de l’opinion.
4. Fundji Benedict — Rima Hassan, vous n’effacerez pas nos morts. Zakhor !
À partir du retrait du drapeau israélien d’une exposition consacrée aux victimes du 7-Octobre au Parlement européen, Fundji Benedict refuse que le geste soit réduit à une querelle politique. Elle écrit depuis un autre lieu : celui de la mémoire, du deuil et de l’obligation juive de transmettre les noms des morts.
Zakhor. Souviens-toi.
Rima Hassan, vous n’effacerez pas nos morts. Zakhor ! Par Fundji Benedict
Au Parlement européen de Strasbourg, Rima Hassan a retiré le drapeau israélien d’une exposition consacrée aux victimes du 7 octobre. Mais ce n’est pas seulement ce geste que Fundji Benedict entend dénoncer. Dans un texte d’une rare intensité, où l’anthropologue cède la première place à la femme juive, elle interroge ce que signifie toucher aux symboles …
5. Ciel étoilé — Jacques Frojmovics
Et pour finir, Jacques Frojmovics prend la tangente.
Ciel étoilé ne vient pas conclure ce qui précède. Il ouvre une fenêtre. Après l’Histoire, l’inquiétude, le jugement et la mémoire, il nous reste parfois à lever les yeux.
Ciel étoilé. Par Jacques Frojmovics
En 1930, une petite fille de huit ans contemple les étoiles dorées peintes au plafond de sa synagogue. C’est la mère de Jacques Frojmovics. Des décennies plus tard, son fils revient dans le village de son enfance. Parmi les vestiges d’un monde disparu, il lève les yeux. Et retrouve le ciel qu’elle lui avait raconté.







