Le mot aux lecteurs
Chers amis,
Il y a des semaines où l’on peine à reprendre son souffle.
À peine les fêtes sont-elles derrière nous que déjà le calendrier nous entraîne vers d’autres rendez-vous. Tout semble aller plus vite. Les événements se succèdent, les images se remplacent, les certitudes vacillent. Nous avons parfois l’impression de vivre plusieurs époques à la fois.
En France, les violences du 17 octobre continuent de poser des questions auxquelles les déclarations politiques ne suffisent pas à répondre. Que signifie gouverner ? Que signifie protéger ? Et que reste-t-il de l’autorité publique lorsque des citoyens doutent de sa capacité à les défendre ?
En Israël, les électeurs viennent de se prononcer. Mais un scrutin ne met pas fin, à lui seul, aux fractures d’un pays. Il ouvre une nouvelle séquence, avec ses incertitudes, ses rapports de force et ses interrogations sur l’avenir d’une démocratie profondément éprouvée depuis le 7-Octobre.
Et puis il y a Donald Trump.
Trump, encore Trump, toujours Trump. Ses déclarations, ses initiatives, ses rencontres, ses rapports de force. Une diplomatie qui se joue parfois autour d’une table présidentielle autant que dans les enceintes internationales. Le monde paraît suspendu à des décisions susceptibles de bouleverser en quelques heures ce que l’on croyait acquis la veille.
Tout va vite. Vertigineusement vite.
À force de courir derrière les événements, nous risquons de perdre ce qui devrait pourtant demeurer notre première exigence : prendre le temps de comprendre.
C’est précisément ce que nous essayons de faire à HABAYTA.
Non pas ralentir le monde — nous n’en avons évidemment pas le pouvoir — mais refuser que sa vitesse nous dispense de penser. Accueillir des analyses, des témoignages, des contradictions. Donner leur place aux faits, à l’histoire, à la mémoire, mais aussi aux vies singulières que les grands bouleversements traversent.
Car derrière les stratégies des États, les calculs électoraux et les discours des dirigeants, il y a toujours des hommes, des femmes, des familles. Des existences que l’Histoire ne consulte pas avant de les emporter.
Cette semaine encore, nos auteurs nous invitent à regarder ce monde sans détourner les yeux.
Et parfois, simplement, à nous souvenir que vivre est aussi une aventure.
Merci de faire vivre cette maison.
Sarah Cattan
À lire sur HaBayta — Fundji Benedict
Peut-on dénoncer un crime raciste sans effacer la mémoire de ceux qui l’ont précédé ? À partir des mots prononcés par Emmanuel Macron à Trappes, Fundji Benedict interroge la responsabilité de la parole présidentielle et le refus de hiérarchiser les victimes.
Un mot de la rédaction
Chers lecteurs,
Vous êtes plusieurs à nous avoir signalé des difficultés pour accéder facilement aux articles de HABAYTA. Nous en avons pleinement conscience.
En voulant vous épargner une multiplication de courriels et de notifications, nous avons sans doute été trop loin dans l’autre sens : certains d’entre vous peinent désormais à retrouver nos publications.
Nous avons également constaté que nos courriels pouvaient être classés dans des onglets secondaires de certaines messageries, ce qui ne facilite pas leur visibilité.
Nous travaillons à rendre HABAYTA beaucoup plus simple d’accès, plus lisible et plus agréable à parcourir, sans renoncer à notre volonté de ne pas vous solliciter inutilement.
Encore un tout petit peu de patience. Très bientôt, entrer dans HABAYTA sera beaucoup plus simple.
Merci de votre fidélité et de votre confiance.
La rédaction de HABAYTA
1. Albert Chennouf : « Je n’accepterai jamais qu’on puisse l’effacer »
Par Sarah Cattan, à partir de la plainte confiée à HABAYTA par Albert Chennouf.
Albert Chennouf, père d’Abel Chennouf, l’un des militaires assassinés par Mohammed Merah en 2012, refuse que la mémoire de son fils soit effacée.
Il a confié à HABAYTA la plainte qu’il a déposée contre Emmanuel Macron. À partir de cette démarche, Sarah Cattan revient sur le combat d’un père, son exigence de justice et cette question fondamentale : comment préserver la mémoire de ceux que la violence nous a arrachés ?
Une parole de père, une démarche judiciaire et un éditorial sur le refus de l’effacement.
Je n’accepterai jamais qu’on puisse l’effacer” : Albert Chennouf porte plainte contre Emmanuel Macron
Le père d’Abel Chennouf, assassiné par Mohamed Merah, réclame au président de la République une rectification de ses propos sur l’attentat de Trappes.
2. LFI ou la Mère folle au Palais-Bourbon
Fundji Benedict
À partir d’une référence historique au charivari et à la Mère folle, Fundji Benedict interroge les pratiques politiques et la mise en scène du conflit au sein de l’Assemblée nationale.
Une réflexion sur la parole parlementaire, les rapports entre politique et justice et ce qui distingue la confrontation démocratique du spectacle.
LFI ou la Mère Folle au Palais-Bourbon. Par Fundji Benedict
Du charivari de l’Ancien Régime aux réseaux sociaux, Fundji Benedict explore une même mécanique : livrer les autres au jugement de la foule, tout en contestant l’autorité des juges lorsqu’elle s’exerce sur soi. À travers les affaires Delogu et Hassan, elle interroge le rapport de LFI à la responsabilité politique et à la justice. Avec, au cœur du texte,…
3. Lendemain électoral
Richard Prasquier
Les Israéliens ont voté. Mais que disent réellement les résultats de ce scrutin ?
Richard Prasquier examine les rapports de force, les possibilités de coalition, le rôle des différentes formations politiques et les incertitudes qui accompagnent la constitution d’une majorité.
Une analyse écrite au lendemain du vote, à lire en tenant compte de l’évolution du dépouillement et des résultats depuis sa rédaction.
Lendemain électoral. Par Richard Prasquier
Le Likoud arrive en tête, mais l’équation gouvernementale demeure entière. Entre impératifs de sécurité, fractures autour de Benjamin Netanyahou et progression des formations arabes, Richard Prasquier examine les voies étroites de l’après-scrutin et le risque d’une nouvelle impasse.
4. Une journée presque comme les autres
Yaël Bensimhoun
À Ashkelon, une journée ordinaire. Une mère, quelques courses, un fils occupé à ses études.
Puis un appel. Une nouvelle terrible. Un jeune homme de vingt-trois ans vient d’être tué.
Yaël Bensimhoun raconte ce moment où le quotidien bascule, où les jeunes Israéliens doivent une fois encore apprendre à accompagner leurs amis dans le deuil.
Un récit personnel, pudique, qui dit beaucoup de ce que signifie vivre en Israël aujourd’hui.
Une journée presqsue comme les autres... Par Yael Bensimhoun
Un vendredi matin presque ordinaire, entre un cours de physique sur Zoom et quelques courses pour Shabbat. Puis un appel. Ron, 23 ans, le frère de l’un des meilleurs amis de son fils, a été tué dans l’attentat du matin. Yaël Bensimhoun raconte l’instant où le quotidien bascule — et cette jeunesse israélienne qui, depuis le 7 octobre, apprend trop tôt le…
5. Lettres de ma Bastide
Gérard Amsellem des Bastides
À quatre-vingt-deux ans, Gérard Amsellem des Bastides regarde le chemin parcouru.
Les amours, les rencontres, les blessures, les bonheurs, les illusions perdues et celles qui demeurent.
Un texte libre, tendre, parfois malicieux, sur le temps qui passe et cette merveilleuse obstination à continuer de vivre.
Pour terminer notre semaine, une autre façon de regarder l’existence.
Lettres de ma Bastide. Par Gérard Amsellem des Bastides
Le cœur n’a pas signé de convention avec le calendrier. À quatre-vingt-deux ans, Gérard Amsellem des Bastides évoque les amours, les tempêtes et les amis disparus, avec une malice intacte. Une lettre tendre et espiègle, portée par le désir de rester à bord.
6. Fundji Benedict — Trappes, l’indécence au sommet de l’État
Quand la parole présidentielle rencontre la mémoire des victimes.
À Trappes, Emmanuel Macron a parlé d’une « première fois ». Mais comment entendre ces mots sans se souvenir des enfants de Toulouse, de l’Hyper Cacher et des autres victimes du terrorisme raciste ?
Dans un texte d’une grande force, Fundji Benedict interroge moins l’émotion présidentielle que la responsabilité de celui qui parle au nom de la nation. Peut-on reconnaître pleinement de nouvelles victimes sans sembler effacer celles qui les ont précédées ?
Une réflexion sur la mémoire, les mots de l’État et le refus de toute hiérarchie des douleurs.
Trappes, l'indécence au sommet de l'État. Par Fundji Benedict
À Trappes, après une attaque meurtrière, Emmanuel Macron évoque une « première fois » dans l’histoire du terrorisme raciste en France. Mais comment entendre ces mots sans se souvenir de Toulouse, des enfants Sandler, de Myriam Monsonego, de l’Hyper Cacher et de tant d’autres victimes ? Fundji Benedict interroge la responsabilité particulière de la parol…









