Bonjour de HaBayta,
Décidément, le calendrier juif nous refuse les lignes droites.
À peine sortis de Kippour, nous voici invités à quitter nos maisons solides pour une cabane. Et après les jours redoutables, après l’examen et le jeûne, il nous est commandé… de nous réjouir.
Peut-être est-ce cela aussi, notre éternel entre-deux : savoir qu’aucun toit n’est tout à fait solide, et dresser tout de même la table.
Les textes que nous avons choisis ce matin habitent eux aussi plusieurs lieux à la fois : l’actualité la plus immédiate, avec cette salle qui se vide lorsque le Premier ministre israélien prend la parole ; le boycott et l’assignation collective avec Lahav Shani ; ce que trois années depuis le 7-Octobre ont déposé dans une conscience ; la transmission, avec le travail de Sophie Nahum ; et enfin l’ironie, parce qu’une maison qui pense doit aussi savoir respirer.
Six textes, cette fois. Non pas les « meilleurs » de HaBayta — cette idée n’aurait aucun sens — mais ceux que nous voulons particulièrement vous montrer ce matin.
Bonne lecture. Hag Soukot Sameah, Shabbat shalom — et bienvenue à la maison.
1. Soukot — Habiter la fragilité. Avec Richard Kenigsman
Après Kippour, le calendrier juif change de langue : il nous fait sortir des maisons solides, entrer dans la cabane, regarder le ciel — et nous réjouir. Pour ce premier matin de Soukot, HaBayta ouvre la soukka avec Richard Kenigsman.
2. Netanyahou, Israël, les Juifs — Quand la haine ne distingue plus. Par Sarah Cattan
Faire sortir le Juif de la salle — ou sortir quand c’est lui qui parle. Une vieille habitude de l’Histoire. Ce walkout dit davantage qu’un désaccord politique : quand le rejet de Netanyahu se confond avec celui d’Israël, et qu’Israël lui-même finit par se confondre avec les Juifs, les frontières sautent.
Netanyahu, Israël, les Juifs : l’amalgame de la détestation — Quand la haine ne distingue plus Par Sarah Cattan
Faire sortir le Juif de la salle — ou sortir quand c’est lui qui parle. Une vieille habitude de l’Histoire.
3. Lahav Shani ou le Juif « à 100 % » — Anatomie d’un éditorial
Un éditorial du Soir demande le boycott du chef d’orchestre Lahav Shani tout en relevant qu’il condamne la guerre. HaBayta s’arrête sur une formule — Israël « à 100 % » — et sur la question qu’elle ouvre : à quel moment cesse-t-on de juger un individu pour ses actes pour lui assigner une identité collective ?
Lahav Shani ou le Juif « à 100 % » Anatomie d’un éditorial. Par Sarah Cattan
Lahav Shani condamne la guerre. Il vient à Bruxelles diriger un orchestre allemand. Il n’est accusé d’aucun acte ni d’aucune déclaration en faveur du gouvernement israélien. Baudouin Loos le reconnaît lui-même dans Le Soir. Et pourtant, il réclame son boycott. Pourquoi ? Parce que Shani, écrit-il, « qu’il le veuille ou non, incarne l’État d’Israël à 100…
4. Ceux qui réparent sans le savoir. Par Ratsone
Deux textes écrits presque au même moment, chacun ignorant l’autre, se sont rencontrés après coup. Dans ses Notes d’un psychiatre juif après la brisure, Ratsone interroge ce qui demeure possible après le 7-Octobre. Puis il lit dans HaBayta Savent-ils qu’ils réparent ? Quelque chose bouge. Voici ce déplacement.
Ceux qui réparent sans le savoir. Par Ratsone
Deux textes se sont écrits presque au même moment, chacun ignorant l’autre. Puis ils se sont rencontrés. Et quelque chose qui était déjà là est devenu lisible. Il y a peut-être dans ce mouvement quelque chose de profondément juif : un texte ne ferme pas le sens ; un autre vient le reprendre, le déplacer, l’éclairer après coup. Dans ses
5. Avant que les voix ne s’éteignent — Sophie Nahum et Les Derniers
À l’occasion de la disparition de Julia Wallach, HaBayta commence aujourd’hui un hommage que nous voulions rendre depuis longtemps au travail de Sophie Nahum. Depuis des années, elle recueille les voix des derniers survivants de la Shoah. Avec Julia, nous ouvrons une porte que nous ne refermerons pas.
Avant que les voix ne s’éteignent. Sophie Nahum et Les Derniers (I)
LES DERNIERS — ÉPISODE 1 · JULIA WALLACH
6. Grand Corps Malade, ou la poésie sous Lexomil — Sergioo Parolinn
Et parce que Soukot nous commande aussi la joie : Sergioo Parolinn s’occupe de l’aération. Grand Corps Malade, Giacometti, le Lexomil et même Monsieur Purgon se retrouvent dans une charge parfaitement subjective — et parfaitement assumée — contre la mélancolie érigée en art de vivre.
Grand Corps Malade, ou la poésie sous Lexomil. Par Sergioo Parolinn
Grand Corps Malade revient avec Voir la mer et quelques inquiétudes sur l’état du monde. Sergioo Parolinn, lui, s’inquiète surtout de l’état dans lequel Grand Corps Malade laisse ses auditeurs. De Giacometti au Lexomil, de la salle d’attente au clystère de Monsieur Purgon, une charge parfaitement subjective — et joyeusement assumée — contre la mélancoli…








