La vie, dans tous ses états
Chers amis,
Il est des semaines où l’on se demande comment réunir dans un même journal des sujets qui semblent n’avoir rien en commun.
La fin de vie d’un père de 103 ans. Les élections israéliennes et leurs incertitudes. L’avenir du sionisme. La justice, ses exigences et ses contradictions. Gisèle Halimi, ses combats et les controverses qu’ils continuent de susciter. L’histoire du peuple juif. Et puis la musique, avec Boy George en Israël.
Ce sont pourtant toutes ces réalités qui font une semaine de HaBayta.
Marie Coach nous confie l’épreuve qu’elle traverse au chevet de son père. Son témoignage nous rappelle qu’entre les convictions, les discours et la réalité d’une chambre d’hôpital, il peut exister un abîme.
En Israël, les élections du 27 octobre ont livré leur verdict, sans encore désigner ceux qui gouverneront. Les résultats sont connus, les recommandations présidentielles également, mais les alliances demeurent incertaines.
Shmuel Trigano poursuit sa réflexion sur l’avenir du sionisme et la souveraineté juive. Bat Ye’or répond à Sidney Touati, dans cet esprit de disputatio auquel nous tenons : un journal doit permettre aux idées de se rencontrer, de s’opposer et de se discuter.
Georges Bensoussan nous invite à prendre le temps de l’histoire.
Nos Archives accueillent également un texte de Sidney Touati sur Gisèle Halimi. Sébastien Xhayet interroge l’impartialité judiciaire. Marc Reisinger revisite une querelle philosophique médiévale pour questionner notre rapport contemporain aux mots et aux faits.
Et puis il y a Boy George.
Ses chapeaux, ses couleurs, sa fantaisie, sa musique. Ses amis juifs. Sa venue en Israël, ses rencontres avec les survivants de Nova et cette chanson, We Will Dance Again, qui porte la promesse de retrouver un jour la danse.
On l’a remercié d’être venu. Il s’en est étonné : pourquoi remercier quelqu’un de faire ce qui lui paraît simplement normal ?
S’il y a dans cette question quelque chose de vertigineux, je voudrais que nous retenions de cette visite la joie. Parce qu’Israël n’est pas seulement un pays dont on raconte les guerres, les divisions et les blessures. C’est aussi un pays où l’on chante, où l’on danse, où l’on se retrouve.
Nous vous proposons cette semaine une édition plus ample que d’habitude. Nous n’avons pas cherché à atteindre un nombre d’articles, ni à nous imposer une limite artificielle. Nous avons simplement voulu donner à chaque contribution la place qu’elle mérite.
Bonne lecture, bon Shabbat et Shavoua Tov.
Sarah Cattan
Cette semaine sur HaBayta
1. Fin de vie : il y a les convictions, les discours, les pétitions… et puis il y a la réalité
Marie Coach | Une Voix
Au chevet de son père de 103 ans, Marie Coach raconte cinq jours d’attente, de souffrance et d’impuissance.
Elle lui tient la main, lui parle, l’embrasse et finit par formuler ce qu’elle n’aurait jamais imaginé souhaiter : que son père puisse mourir sans souffrir davantage.
Son témoignage confronte les convictions et les discours sur la fin de vie à ce que vivent certaines familles dans les chambres d’hôpital. Une parole intime, douloureuse, qui interroge également les conditions d’accès à la sédation profonde et continue jusqu’au décès.
Un texte bouleversant, qui mérite d’être entendu sans simplification.
Fin de vie: Il y a les convictions. Il y a les discours. Il y a les pétitions... Et puis, il y a la réalité. Par Marie coach
Depuis la chute de son père de 103 ans, lundi 26 octobre, Marie reste à son chevet. Dans ce témoignage écrit à l’aube du samedi 31 octobre, elle raconte les signes de douleur qui persistent, l’attente et l’impuissance d’une fille qui voudrait seulement voir son père apaisé. Une parole éprouvante qui interpelle notre manière d’accompagner la fin de vie.
2. Israël : les élections ont livré leur verdict, pas leur gouvernement
La Rédaction de HaBayta | Élections israéliennes
Les élections du 27 octobre ont redistribué les rapports de force à la Knesset. Mais elles n’ont pas encore permis de dégager une majorité gouvernementale.
Gadi Eisenkot a recueilli les recommandations de formations représentant 67 députés, contre 46 pour Benyamin Netanyahou. Cela ne signifie pourtant pas qu’il dispose déjà d’une coalition capable de gouverner.
À la veille de la décision attendue du président Isaac Herzog, HaBayta revient sur les résultats officiels, les obstacles politiques et les investigations relatives aux soupçons d’irrégularités électorales.
Une synthèse pour comprendre pourquoi le verdict des urnes n’a pas encore résolu la question du pouvoir.
Israël : les élections ont livré leur verdict, pas leur gouvernement
Dix jours après les législatives du 27 octobre, Israël connaît la composition de sa nouvelle Knesset, mais toujours pas celle de son prochain gouvernement. Gadi Eisenkot a recueilli 67 recommandations parlementaires contre 46 pour Benyamin Netanyahou. Pourtant, aucune coalition n’est constituée. Isaac Herzog doit désigner dimanche le député chargé de te…
3. Israël : une crise intérieure dans une stratégie palestinienne globale
Shmuel Trigano | Une Voix
Après sa tribune « La fin du sionisme ? », Shmuel Trigano prolonge sa réflexion à la lumière des consultations engagées par Isaac Herzog.
Le philosophe et sociologue s’inquiète de la place prise par les partis arabes dans les nouveaux équilibres parlementaires israéliens et des conséquences politiques qu’il redoute pour la souveraineté juive.
Pour lui, la crise intérieure israélienne ne peut être dissociée d’une stratégie palestinienne plus vaste, dont il examine les implications pour Israël et les Juifs de la diaspora.
Une nouvelle contribution qui appelle la discussion sur les rapports entre démocratie parlementaire, alliances politiques et identité de l’État juif.
Israël : une crise intérieure dans une stratégie palestinienne globale — Par Shmuel Trigano
Les premières consultations engagées par le président Isaac Herzog pour former le prochain gouvernement israélien ravivent les inquiétudes de Shmuel Trigano. Après sa tribune « La fin du sionisme ? », le philosophe et sociologue dénonce la place prise par les partis arabes dans les nouveaux équilibres parlementaires et interroge les concessions qu’il es…
4. L’Europe-Israël — Bat Ye’or répond à Sidney Touati
Bat Ye’or | Débat d’idées
Bat Ye’or répond à Sidney Touati dans un échange qui prolonge les interrogations sur les rapports entre l’Europe, Israël et l’histoire politique du continent.
Nous tenons à cet échange parce qu’il illustre une conviction éditoriale : un journal n’est pas le lieu où l’on rassemble artificiellement des opinions identiques.
C’est aussi celui où les auteurs se répondent, discutent et parfois se contredisent.
Une contribution à lire dans cet esprit de disputatio que HaBayta entend faire vivre.
Bat Ye’or répond à Sidney Touati : l’Europe, Israël et les racines d’une crise
Deux tribunes de Sidney Touati publiées dans HaBayta ont suscité cette réponse de Bat Ye’or. Revenant sur les relations euro-arabes nouées dans les années 1970, l’essayiste développe sa lecture des transformations politiques et culturelles de l’Europe et interroge l’avenir des communautés juives et chrétiennes sur le continent. Une contribution au débat…
5. Boy George en Israël, le choix de l’amitié
La Rédaction de HaBayta | Culture
Boy George est venu en Israël avec ses chansons, son extravagance, ses couleurs et ses amitiés.
Après un premier concert à Tel-Aviv, une seconde soirée, ce 7 novembre, est dédiée à la communauté Nova. Mille cinq cents invitations ont été offertes aux survivants et aux familles endeuillées.
Le chanteur britannique a rencontré d’anciens otages, visité le site du festival Nova et fait de sa chanson We Will Dance Again une promesse adressée à ceux dont la fête avait été interrompue par le massacre du 7 octobre.
Son séjour nous rappelle aussi celui de Leonard Cohen, venu chanter en Israël pendant la guerre du Kippour en 1973. Deux artistes, deux époques, deux personnalités très différentes, mais cette même décision d’être présents.
Et Boy George a eu cette phrase, si simple qu’elle en devient saisissante :
« Je trouve étrange qu’on me remercie de faire quelque chose qui est simplement normal. »
Un peu de musique, de couleur, d’amitié et de joie. Parce que cela aussi raconte Israël.
Boy George en Israël, le choix de l’amitié
Arrivé en Israël le 31 octobre, Boy George a retrouvé Tel-Aviv, rencontré des survivants du massacre de Nova et chanté devant quelque 10 000 spectateurs. Le 7 novembre, un second concert sera dédié à la communauté Nova, avec 1 500 places offertes aux survivants et aux familles endeuillées. Derrière les couleurs, la musique et l’extravagance du chanteur …
À voir et à écouter
Georges Bensoussan — Du peuple de trop à l’État de trop
Avec Georges Bensoussan, nous vous proposons de prendre le temps de l’histoire.
Dans cette conférence, l’historien interroge les représentations successives du peuple juif et de l’État d’Israël, et la manière dont certaines formes anciennes de rejet peuvent se reformuler dans le présent.
Une réflexion qui invite à dépasser les réactions immédiates pour replacer les controverses contemporaines dans une histoire plus longue.
Georges Bensoussan : “Du peuple de trop à l’État en trop” — La vidéo d’une soirée de réflexion, de mémoire et de transmission
Le 6 octobre 2026, à la mairie du XVIᵉ arrondissement de Paris, plus de deux cent cinquante personnes se réunissaient autour de Georges Bensoussan pour une conférence organisée par Alliance France Israël. Cette soirée, Josiane Sberro l’a conçue, préparée et portée de bout en bout. HaBayta en partage aujourd’hui la vidéo, accompagnée de deux textes de so…
Trois autres lectures à ne pas manquer
Sébastien Xhayet — Mesdames, Messieurs les juges, vos convictions dépassent de votre robe
De la harangue d’Oswald Baudot en 1974 au « mur des cons » du Syndicat de la magistrature, jusqu’aux controverses de l’automne 2026, Sébastien Xhayet, avocat, examine les rapports entre militantisme syndical et impartialité judiciaire.
S’appuyant sur l’histoire du syndicat, le statut des magistrats et la jurisprudence européenne, il défend une distinction essentielle : les juges ont le droit d’avoir des convictions, mais celles-ci ne doivent pas déterminer leurs décisions.
Une réflexion critique sur l’indépendance de la justice et la confiance des justiciables.
Mesdames, Messieurs les juges, vos convictions dépassent de votre robe — Par Sébastien Xhayet
Un juge peut-il afficher ses convictions politiques sans fragiliser la confiance des justiciables dans son impartialité ? De la célèbre harangue d’Oswald Baudot au « mur des cons » du Syndicat de la magistrature, jusqu’aux controverses de l’automne 2026, l’avocat Sébastien Xhayet interroge les frontières entre engagement syndical, militantisme politique…
Marc Reisinger — Bienvenue au Moyen Âge
Et si une querelle philosophique du Moyen Âge permettait de comprendre certains affrontements idéologiques contemporains ?
Marc Reisinger, psychiatre et anthropologue, revisite la querelle des universaux pour dénoncer la manière dont, selon lui, les mots finissent parfois par se substituer aux faits.
Du conflit israélo-palestinien à l’immigration, des qualifications politiques aux décisions de l’État, il interroge notre rapport à la réalité et la puissance des catégories idéologiques.
Une réflexion polémique sur le langage, la pensée et leurs conséquences politiques.
Bienvenue au Moyen-âge — Antijudaïsme et arguties métaphysiques — Par Marc Reisinger — 3 novembre 2026
Et si les querelles métaphysiques du Moyen Âge éclairaient certaines dérives du débat contemporain ? Marc Reisinger, psychiatre et anthropologue, revisite la querelle des universaux pour dénoncer ce qu’il considère comme une substitution des mots aux réalités. Du conflit israélo-palestinien à l’immigration, des qualifications politiques aux décisions de…
Sidney Touati — Gisèle Halimi : la révolte et la plainte
À l’occasion de la sortie du film L’Affaire Marie-Claire, consacré au procès de Bobigny, HaBayta republie dans ses Archives une analyse de Sidney Touati parue en 2007 dans la revue Controverses.
L’auteur reconnaît la rigueur et l’importance des combats de Gisèle Halimi pour les droits des femmes, mais porte un jugement autrement sévère sur ses engagements durant la guerre d’Algérie et ses positions concernant Israël.
Au cœur de sa réflexion, une question : la défense d’une cause, aussi légitime soit-elle, peut-elle conduire à appliquer les principes de justice de manière sélective ?
HABAYTA | ARCHIVES — Gisèle Halimi : la révolte et la plainte. Par Sidney Touati
À l’heure où L’Affaire Marie-Claire remet en lumière le combat de Gisèle Halimi au procès de Bobigny, HaBayta ouvre ses archives. Dans ce texte publié en 2007 dans Controverses, Sidney Touati salue la rigueur de son engagement pour les droits des femmes, mais met sévèrement en cause ses lectures de la guerre d’Algérie et du conflit israélo-arabe. Au cœu…
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